La Comédie de Ferney

Noces

D'Albert Camus

Jeudi 21 20h30
Vendredi 22 20h30
Samedi 23 20h30
Tarif normal 15 €
Tarif membres 10 €
Cie Thalie
Mise en scène : Olivier Broda
Avec : Annick Gambotti
Composition et improvisation musicale : Jean-Louis Deconfin
Création lumière : Gilles Gaudet
Régie : Adrien Laneau

« Ce n’est pas si facile de devenir ce qu’on est, de retrouver sa mesure profonde »
Noces à Tipasa

L’œuvre et la pensée de Camus ont marqué le XXème siècle. 2013 célébrera le centenaire de la naissance d’un auteur essentiel. Nous avons donc choisi de faire entendre la parole d’un auteur rare à l’image de ces deux courts essais autobiographiques trop rarement entendus.

Avec Noces et Retour à Tipasa respectivement, Albert Camus signe deux textes d’une sensuelle beauté en forme de célébration de la nature, de l’histoire et de la connaissance profonde de soi.



Noces à Tipasa, rédigé en 1936, célèbre « les noces de l’homme avec le monde ». Camus, de santé fragile, trouve la joie de vivre dans le soleil. Cette intensité lumineuse conduit à « une extase comblant tous les désirs de l’âme et du corps » que Camus décrit merveilleusement par de nombreuses métaphores lyriques.
Dans ce texte lumineux, Camus y décrit de façon virtuose ses sentiments, sa joie bien sûr dans l'exaltation de la promenade à Tipasa mais aussi ses impressions et ses méditations sur la condition humaine et la recherche du bonheur.
Pour Camus, la conquête du bonheur exige que l’homme devienne ce qu’il est, remonte à « l’expérience originelle ». Pour être en accord avec le monde, il doit se libérer des contraintes physiques, morales et culturelles.

Cette œuvre de jeunesse confirme déjà ses dons d’écrivain qui contient en germe les thèmes majeurs de son œuvre : le soleil, la solitude, l’absurde destin des hommes.

Puis quinze ans s’écoulent…

Dans L’été, recueil d’essais publié en 1954, Camus raconte son retour, après quinze ans d’absence, sur le site des ruines romaines de Tipasa près d’Alger. Dans Retour à Tipasa, l’homme mûr y redécouvre un paysage splendide qui lui fait éprouver cet intense bonheur né à la fois des souvenirs retrouvés et des sensations propres aux terres méditerranéennes.

Mais la guerre mondiale passe et le paysage de Tipasa se couvre de barbelés.
Ayant pris conscience de l'absurdité de l'existence humaine, Camus refuse cependant de céder au désespoir et montre qu'il est possible de donner un sens à sa vie, en luttant pour les valeurs morales et intellectuelles essentielles.

L’idée de réunir ces deux textes écrits à quinze années d’intervalle fut une évidence autant que l’envie de mêler les mots charnels de Camus au son d’un piano sensible. A l’écoute de cette œuvre émouvante, nous souhaitions faire découvrir la richesse de la musique d’un homme libre exprimant passion, tendresse ou révolte avec une totale sincérité et traquant tout ce qui vibre et rayonne de lumière.

La musique sera donc le maître mot de notre travail.

Comme dans une partition à deux voix, la comédienne et le musicien s’accorderont à dialoguer en tentant de restituer au plus près la beauté et la profondeur des mots de Camus, la sensualité, l’ivresse et la plénitude évoquées dans le paysage des ruines surplombant la méditerranée ; mais aussi le regard mélancolique mais jamais désespéré, plein d’acuité et de discernement qu’un homme à la fleur de l’âge porte sur ses semblables.

La musique improvisée sur la partition de Camus se voudra non illustrative mais évocatrice et porteuse d’images.

Sur le plateau, rien ou presque. Un espace vide où résonneront les mots et les idées puissantes et justes d’un homme disparu trop tôt…
Les mots de Camus seront décor et son langage se fera paysage. Un tulle noir, un chemin de sable et des lumières qui viendront sculpter l’espace et serviront d’écrin à l’écriture limpide mais profonde de Camus.

Ce projet est avant tout une histoire de rencontre et de sensibilité. La rencontre d’une comédienne et d’un texte, d’un frère et d’une sœur réunis sur un plateau pour allier leur sensibilité à celle d’un homme modeste. C’est ce que nous chercherons avant tout à partager avec le public.

Un article de Culture Frontière
Deauphin Libr du 17 fvrier